Portrait : Andrés D'Alessandro (Wolfsburg)
Meneur, créateur : le foot sort grand vainqueur
Ce qui frappe d'entrée en voyant évoluer Andres D'Alessandro est sa capacité à diriger. Pas besoin de grands discours, sa volonté débordante et son talent exceptionnel suffisent à inspirer une grande confiance, à insuffler un esprit de combat à ses coéquipiers. Son toucher de balle est incroyable, presque irréel. Thomas Broich, milieu de terrain de Wolfsburg est admiratif : « son maniement du ballon est un régal pour les yeux » dira-t-il à propos de son nouvel équipier.
Il faut dire que voir D'Alessandro se jouer de ses adversaires est un véritable bonheur. Son petit gabarit(1.74m) n'est pas un handicap : ce qu'il perd en puissance il le gagne en vivacité. La manière si argentine qu'il a de caresser le ballon avec la semelle gauche en fait un joueur à part, superbe. Ses dribbles semblent parfois venus d'ailleurs et il n'est pas rare de se demander comment il est parvenu à un tel niveau de maîtrise du ballon. Beaucoup de travail ? Nécessairement. Mais aussi et surtout du génie chez cet homme qui semble né pour jouer au football. Sa vision du jeu, elle aussi, émerveille. En vrai numéro 10 il est capable d'imprimer un rythme à une rencontre en alternant jeu cours, jeu long, jeu à une touche de balle. Excellent passeur, il possède aussi une très bonne frappe et gagnerait peut être à tenter plus souvent sa chance à mi distance.
Son immense talent a des contreparties : il accepte très difficilement la défaite, déteste perdre le ballon ce qui le conduit parfois à se faire justice et à perdre sa concentration. Cela dit d'autres grands joueurs connaissent les mêmes travers(qui a dit Zidane ?) et les dernières prestations du jeune argentin laissent à penser qu'il est capable de mieux se contrôler. Son jeu gagne également en efficacité ce qui est très prometteur pour l'avenir.
L'énigme Wolfsburg
Après tant de louanges la question mérite évidemment d'être posée : pourquoi Wolfsburg ? Tout d'abord le club a mis les moyens : 9 millions d'euros pour enrôler la star de River Plate, un record. Ensuite d'autres joueurs argentins (dont le plus célèbre est Quiroga) jouaient déjà à Wolfsburg avant l'arrivée de D'Alessandro, facteur déterminant pour une adaptation réussie. D'autres grands joueurs tels que Ronaldo ont suivi un plan de carrière similaire qui consiste à faire ses preuves dans un club « moyen » d'Europe pour rejoindre ensuite un des plus grands. Partir directement dans un club où la pression est énorme peut en effet s'avérer périlleux pour un jeune Sud-Américain. Le passage difficile de Riquelme à Barcelone en est la preuve.
D'autre part, les résultats actuels de Wolfsburg (1er de la Bundesliga avec 18 points en 7 matchs !) sont encourageants. Et D'Alessandro, en tant que meneur de jeu, est loin d'être étranger à la bonne série de son équipe. Quoi qu'il en soit les supporters du club allemand feraient bien de profiter de chacun des matchs de leur nouvelle idole car il serait étonnant de ne pas voir l'Argentin succomber aux chants des sirènes espagnoles (le Deportivo La Corogne était tout prêt de le faire signer après les JO), italiennes (l'intérêt de la Juventus pour le jeune prodige ne cesse de croître) ou encore allemandes (le Bayern Munich est déjà séduit). Ce serait l'occasion rêvée pour les passionnés de découvrir ce joueur hors norme, qui nous prouve qu'efficacité et spectacle peuvent être admirablement conciliés.